Ce retour d’expérience met en lumière un épisode historique où le travail au mercure a révélé les dangers invisibles pour la santé des ouvriers. Une histoire qui rappelle l’importance de la prévention et de la sécurité au travail, même dans les petites entreprises.
L’histoire oubliée des ouvriers du mercure et les leçons de la prévention SST

Imaginez un atelier du début du XXᵉ siècle. L’air est lourd, et dans un coin, un ouvrier chauffe une pâte brillante. Ce qu’il manipule, c’est du mercure — un métal liquide fascinant, mais terriblement dangereux pour la santé.
À l’époque, on ignore encore que travailler avec le mercure revient à respirer du poison à petites doses. Il s’infiltre partout : dans l’air, sur les mains, jusque dans la nourriture. Les ouvriers des ateliers de feutre, de dorure ou de purification du minerai sont les plus exposés. Jour après jour, ils tremblent, perdent la mémoire, présentent des symptômes d’hydrargyrisme — une intoxication chronique au mercure.
Malgré ces signes visibles, les ateliers restent fermés, mal ventilés, saturés de vapeurs toxiques. Il faudra du temps pour que les patrons et les autorités réagissent. Peu à peu, des systèmes de ventilation sont installés, les zones dangereuses isolées, et certains procédés remplacés. Ce n’est pas parfait, mais c’est le début d’une culture de prévention.
Grâce à ces changements, de nombreux ouvriers échappent à ce poison silencieux. Aujourd’hui, cette histoire paraît lointaine, presque irréelle. Pourtant, elle rappelle une vérité essentielle :
Sous l’éclat d’une matière brillante peut se cacher un danger invisible.
Et ce sont souvent les travailleurs de l’ombre qui en font les frais, jusqu’au jour où la sécurité au travail devient une priorité grâce à la mise en place de ventilations, de cloisons et de nouveaux procédés.
Cette histoire des ouvriers du mercure nous rappelle que la prévention SST n’est pas une option, mais une nécessité pour protéger la santé et l’avenir des travailleurs.
Référence : Max DE NANSOUTY Actualités Scientifiques, 1ère année 1912 Librairie Payot Lausanne Suisse